Les standards métropolitains :
Les graphiques suivants illustrent les caractéristiques de l’électorat métropolitain, lequel constitue la référence du fait de sa prépondérance et de sa relative homogénéité. Non seulement l’outremer a un moindre poids démographique, mais ses orientations politiques sont également sujettes à une forte dispersion.
En résumé, lors des présidentielles, l’électorat métropolitain des départements concernés par les sénatoriales 2026 ne place pas les non exprimés, mais l’extrême droite en tête. Contrairement à l’idée reçue, une fois exclues les abstentions structurelles des outremers, Français de l’étranger et banlieues d’Île-de-France, l’abstention n’y est pas le premier parti, selon la formule consacrée. Centre macroniste et extrême gauche suivent, tandis que les gauches et droites autrefois « de gouvernement » y sont laminées. Les grands électeurs y prennent l’exact contrepied de la population, en plébiscitant les anciens partis d’alternance, centres et extrêmes droites leur cédant le pas. L’extrême gauche y fait une timide percée, laquelle peut sembler précoce au regard du rythme lent de renouvellement du Sénat. A la marge, des candidats « divers et régionalistes » recueillent des voix, et même des majorités locales comme en Corse. En théorie, l’obligation du vote introduit le principal biais électoral. En pratique, elle est en partie détournée dans les circonscriptions où chaque inscrit dispose de deux voix ( la deuxième servant à s’abstenir ). L’écart observé entre citoyens de 2022 et grands électeurs de 2026 est, pour les non exprimés, du même ordre que celui des extrêmes droites. Autrement dit, ce que l’obligation du vote réalise d’une part, la notabilité le concrétise d’autre part.
L’exception étrangère :
A titre, indicatif, les sensibilités politiques des Français de l’étranger sont illustrées par les graphiques suivants. Ce corps électoral est, pour les sénatoriales, divisé en deux séries de consulats et ambassades dont la liste détaillée n’est pas diffusée, ou de manière trop confidentielle pour avoir été repérée à ce jour. Compte tenu des fortes divergences régionales des électorats, ces résultats d’ensemble ne saurait convenir à une approche sérieuse des sénatoriales. En revanche, les particularités de cet électorat dispersé sont telles qu’elles justifient, de manière plus générale, d’être traité à part.
Aux présidentielles, l’abstention des expatriés écrase toutes les autres valeurs. Cependant, l’orientation des votes exprimés leur confère un caractère très parisien. Même si la capitale n’est pas la seule émettrice des Français de l’étranger, son internationalisation et la leur pourrait induire des rapprochements de sensibilités politiques : écrasement ( atténué du fait des Français du monde russe ) des extrêmes droites, surreprésentation du parti présidentiel et du total des gauches, écrasement des droites. Lors des sénatoriales, la disproportion des votes de gauche pourrait aussi bien tenir au découpage électoral évoqué en amont que, en aval, à la sociologie de cet électorat autant hors normes que hors frontières… Lequel contribue à façonner les lois de l’Hexagone.
Des spécificités ultramarines :
Une fois clarifiées les raisons qui conduisent à séparer nettement les données des Français de l’étranger de celles des ultramarins, reste à considérer celles-ci.
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