Sénatoriales 2026 – Participations d’outremer. Des citoyens ordinaires aux grands électeurs : quelles cultures politiques ?

Votes des métropolitains et de leurs grands électeurs divergent ; soit. Il en va de même en outremer, mais les contrastes n’y apparaissent pas de même nature. Les comportements électoraux de référence, lors des présidentielles, y ouvrent des perspectives totalement différentes. Il s’ensuit de fortes originalités dans tous les scrutins.

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2 min ⋅ 18/10/2026

Les standards métropolitains :

Les graphiques suivants illustrent les caractéristiques de l’électorat métropolitain, lequel constitue la référence du fait de sa prépondérance et de sa relative homogénéité. Non seulement l’outremer a un moindre poids démographique, mais ses orientations politiques sont également sujettes à une forte dispersion.

En résumé, lors des présidentielles, l’électorat métropolitain des départements concernés par les sénatoriales 2026 ne place pas les non exprimés, mais l’extrême droite en tête. Contrairement à l’idée reçue, une fois exclues les abstentions structurelles des outremers, Français de l’étranger et banlieues d’Île-de-France, l’abstention n’y est pas le premier parti, selon la formule consacrée. Centre macroniste et extrême gauche suivent, tandis que les gauches et droites autrefois « de gouvernement » y sont laminées. Les grands électeurs y prennent l’exact contrepied de la population, en plébiscitant les anciens partis d’alternance, centres et extrêmes droites leur cédant le pas. L’extrême gauche y fait une timide percée, laquelle peut sembler précoce au regard du rythme lent de renouvellement du Sénat. A la marge, des candidats « divers et régionalistes » recueillent des voix, et même des majorités locales comme en Corse. En théorie, l’obligation du vote introduit le principal biais électoral. En pratique, elle est en partie détournée dans les circonscriptions où chaque inscrit dispose de deux voix ( la deuxième servant à s’abstenir ). L’écart observé entre citoyens de 2022 et grands électeurs de 2026 est, pour les non exprimés, du même ordre que celui des extrêmes droites. Autrement dit, ce que l’obligation du vote réalise d’une part, la notabilité le concrétise d’autre part.

L’exception étrangère :

A titre, indicatif, les sensibilités politiques des Français de l’étranger sont illustrées par les graphiques suivants. Ce corps électoral est, pour les sénatoriales, divisé en deux séries de consulats et ambassades dont la liste détaillée n’est pas diffusée, ou de manière trop confidentielle pour avoir été repérée à ce jour. Compte tenu des fortes divergences régionales des électorats, ces résultats d’ensemble ne saurait convenir à une approche sérieuse des sénatoriales. En revanche, les particularités de cet électorat dispersé sont telles qu’elles justifient, de manière plus générale, d’être traité à part.

Aux présidentielles, l’abstention des expatriés écrase toutes les autres valeurs. Cependant, l’orientation des votes exprimés leur confère un caractère très parisien. Même si la capitale n’est pas la seule émettrice des Français de l’étranger, son internationalisation et la leur pourrait induire des rapprochements de sensibilités politiques : écrasement ( atténué du fait des Français du monde russe ) des extrêmes droites, surreprésentation du parti présidentiel et du total des gauches, écrasement des droites. Lors des sénatoriales, la disproportion des votes de gauche pourrait aussi bien tenir au découpage électoral évoqué en amont que, en aval, à la sociologie de cet électorat autant hors normes que hors frontières… Lequel contribue à façonner les lois de l’Hexagone.

Des spécificités ultramarines :

Une fois clarifiées les raisons qui conduisent à séparer nettement les données des Français de l’étranger de celles des ultramarins, reste à considérer celles-ci.

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Par Jérémy Morel

Initié à la recherche en histoire, les candidatures "atypiques" aux présidentielles m'ont révélé une société civile foisonnante, diversement couverte par la presse. Dès lors, ces élections me sont apparues comme une entrée privilégiée dans l'histoire récente de la France. Analyser les représentations sans les confronter aux réalités avérées dans les urnes devenant stérile, j'en suis venu à développer des formules et méthodes d'analyse exclusives sur les données électorales.  Ces recherches engagées au milieu des années 2 000 ont attendu juillet 2024 pour franchir une première étape éditoriale. Mon travail éclaire la société française à l'aide de sources quantitatives d’une exhaustivité exceptionnelle : près de 70 000 bureaux de vote traités, cartes et graphiques variés… D'autres travaux sur la dernière présidentielle et sur toutes celles de la Ve République sont en cours de finalisation.

Cette première expérience éditoriale m'a révélé la nécessité de m'appuyer sur un minimum de communication, indépendante de ce que pourrait fournir un éditeur. Au même moment, la dissolution a bouleversé l'agenda électoral et mon quotidien : environ 10 mois de travail dédiés au cycle électoral 2024. Mes publications vidéos et articles équivalent largement à l'écriture d'un autre ouvrage...

J'ai dégoté un enregistreur vocal et produit mes premières vidéos en juin 2024 tant j'étais outré par la stupidité de la couverture médiatique de cette "séquence" électorale. Bouteilles à la mer... Depuis, je diversifie lentement mes supports et j'apprends à maîtriser des techniques de communication fortement éloignées de ma spécialisation, pour laquelle j'ai des compétences actuellement exclusives. Sans doute les chercheurs de sciences po sauraient-ils traiter les données comme je le fais, mais ils préfèrent la solution de facilité qui consiste à passer commande de sondages ; et la politologie de devenir sondageologie...

Plusieurs polémiques culturelles m'ont également happé : revendications mémorielles au nom de lectures très personnelles et biaisées de l'histoire, volonté de débaptiser la langue française ( je ne m'en suis pas encore remis )... Il m'est apparu nécessaire d'élargir le champ de mes publications à des sujets métapolitiques.

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