Un constat : depuis que le citoyen-soldat n’est plus le modèle de référence dans nos institutions, aucune alternative institutionnelle n’a émergé. La République se fissure par son socle populaire, tandis que le sommet de l’Etat perd les principes républicains en se coupant des Français.
Observer les électorats, c’est considérer la pratique civique dans son dernier reliquat formel, ainsi que dans ses limites : abstentions… D’où une conviction profonde : inscrire à l’agenda politique une définition constitutionnelle de la citoyenneté serait le meilleur moyen de recomposer le paysage politique, tout en jetant les bases d’une refondation de la Nation. L’esprit civique peut gagner les profondeurs du pays par la colonne vertébrale du droit ( constitutionnel, civil, pénal ), la priorisation du budget de l’Etat, le recadrage des missions de l’administration au service des citoyens, la clarification du débat public sur les concepts républicains d’intérêt général… Le principe n’est pas de fonder une utopie, mais de recréer un contrat qui permettrait plus qu’une efficacité opérationnelle : une cohésion renforcée face aux épreuves de la mondialisation.
Une République sans citoyen, c’est une technocratie sur coussins d’air… Les moindres piques de l’actualité peuvent faire s’écrouler l’édifice. Plusieurs observateurs conviennent, pour des raison différentes, que la tri-polarisation actuelle relève de l’anomalie. Mon étude des dynamiques plébiscitaires me porte à croire qu’un débat politique posé en des termes pertinents conduit à des mobilisations à la fois plus puissantes et mécaniquement équilibrées en deux parties rivales. Mon essai sur la présidentielle 2022 articule ainsi cartes électorales, analyses de données, et réflexions sur le vocabulaire politique en usage. La mode identitaire actuelle fait émerger trois pôles minoritaires, intellectuellement et politiquement dysfonctionnels. Sans suffire à lui seul, le dépassement de cette logique favorisera une sortie de crise par le haut. Au risque de me répéter, la citoyenneté est chevillée au corps des Français depuis plus de deux siècles. Inventer la citoyenneté du XXIe siècle m’apparaît comme le meilleur espoir de transfigurer la médiocrité politique actuelle.
Le recensement des citoyens dans leurs votes et leurs représentations en est une étape essentielle. Ces données me sont familières depuis plus de vingt ans. Les méthodes élaborées ont déjà permis d’atteindre une précision inégalée dans la restitution des dynamiques de vote. Elles continuent de se perfectionner.
Une fois exposée mon usage fondamental de cette expertise…
