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Pourquoi produire et diffuser une telle vidéo est-il de nos jours un engagement politique ?
On peut juger la qualité du texte médiocre, certaines formulations hasardeuses, l’inspiration déplacée… Cela reste pourtant, en langue française, un témoignage d’amour de l’écriture. Est-ce déjà trop ? L’usage manichéen du blanc et du noir va-t-il de surcroît être taxé de raciste ?
Plusieurs réponses peuvent être apportées en désordre à cet état déplorable du débat politico-culturel en France : trahison mélenchoniste, régressions idéologiques, ambivalences du langage comme outil de pouvoir et lien charnel avec notre communauté, démagogie…
Reprenons…
Des normes inhérentes au langage :
Le pouvoir politique consiste à faire la loi, faire appliquer la loi, juger selon la loi. Le langage est norme première qui sous-tend et charpente tous les textes débattus ou non, votés ou non, appliqués ou non, respectés ou non dans les sentences.
A. Malraux ramenait la condition humaine à un problème de communication et d’isolement profond de l’individu : on s’entend parler par la gorge quand les autres reçoivent nos propos par les oreilles ; d’où l’expérience de tout un chacun de s’étonner de sa voix enregistrée… Ainsi, ce que l’émetteur exprime ne serait jamais parfaitement reçu par le destinataire. Pourtant, une condition permet malgré tout l’échange : les règles linguistiques.
Langage, religion et génétique, voire le jeu, sont des réalités en tension intrinsèque entre l’individu et la communauté. Toutes les personnes qui partagent un tel patrimoine ont des spécificités : mon vocabulaire n’est pas celui du voisin, mes expressions non plus. Je me singularise par mon langage. Pourtant, nous partageons suffisamment de règles et d’usages pour qu’il puisse me répondre ; non sans éventuels malentendus. Une fois cette compréhension mutuelle devenue impossible, insensiblement, deux communautés linguistiques se constituent. Il en va de même avec les espèces, dont l’étude est objectivée : on voit des groupes progressivement diverger pour finalement rompre avec leur communauté initiale de reproduction…
Ainsi se singulariser par le langage impose-t-il un équilibre avec la communicabilité de ce que l’on exprime. Cette condition sine qua non de la communauté linguistique, voire humaine, est cruciale car, nous l’avons déjà vu, l’individualisme de singularité devient normatif. Ce processus s’accomplit au détriment de toute force fédératrice, de toute transcendance de l’égo. L’identité se veut source du droit, l’autocratie devient légitime ; reste à s’imposer.
Dans le domaine linguistique, l’académie française a participé à l’unification nationale en tant qu’institution d’Etat initiée par Louis XIII à une époque où le français était encore concurrencé par toutes sortes d’idiomes locaux. Son autorité pâtit désormais de divers militantismes ayant compris, sur l’exemple féministe, que changer le vocabulaire et la grammaire était une première étape dans la conquête d’institutions d’Etat ( Education nationale… ). A terme, l’objectif est de réformer la constitution pour insidieusement ériger le corpus militant en idéologie officielle.
Il est dès lors moins question de transmission que de déconstruction du langage. Les contestations articulent aussi bien des arguments mémoriels de victimisation qu’elles usent de la communication diffamatoire : académie française taxée de réactionnaire dès lors qu’elle conteste tout barbarisme, cela sans considération aucune pour ses argumentaires très étoffés.
Le Français, dernier ciment entre Français ?
La langue maternelle nous imprègne affectivement et nous forge moralement. Dernièrement, je constatais à tort ou à raison une différence amusante entre l’anglais et le français. Il semblerait que, chez les anglophones, le langage premier de l’amour passe par des sonorités en « i » : « baby », « mummy », « daddy ». En français, ce serait la répétition des syllabes : « maman », « papa », « bébé »… Cela sans oublier tous les surnoms ensuite forgés sur cette base.
Le langage porte aussi des sens cachés qui nous imprègnent dès notre éveil. A l’inverse des rois d’antan, la Ve République est partie d’une situation relativement homogène. Il y avait des accents, des langues régionales brimées, des communautés immigrées… Mais le français avait la force de l’évidence. Nous en conservons l’héritage, mais ne le revendiquons plus autant, entre régionalismes reconnus légalement d’une part, dialectes locaux improvisés là où l’immigration se concentre au-delà d’un seuil de transmission efficace de la langue nationale.
Là intervient la démagogie qui, en l’espèce, consiste à cibler des clientèles. La société française devient centrifugeuse après des siècles de centralisation. A cet égard, les polémiques préparatoires de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques 2024 sont symptomatiques : Aya Nakamura parle-t-elle encore français quand son français n’est plus compréhensible que dans certains quartiers ? Au vu des phénomènes émeutiers et terroristes endémiques, ces quartiers font-ils encore nation avec le reste du pays ?
Quand le discours politique ne se soucie plus d’intérêt général mais d’électoralisme, les arguments sont subordonnés aux marques de soutien ou de rejet, les idées cèdent au sentimentalisme ( hypocrite ? ). Les médias se sont cherché des martyrs, de manière à opposer la « France de Nael » et la « France de Thomas ». Pourrait-on ajouter : la France du créole et la France du français, voire la France du traître Mélenchon et la France des loyalistes ?
La trahison pour stratégie : J.-L. Mélenchon 2025-2027.
Lors de la conférence de la francophonie de 2025, J.-L. Mélenchon a fait l’annonce qu’il fallait débaptiser la langue française et la nommer « créole ». Certes, il existe une bibliographie sur la créolisation, mais il s’agit avant tout de communication et de sentimentalisme.
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