Archive, 11 oct. 2025 - S. Lecornu, le démisionné remissionné... Vers de nouvelles élections ?

8-10 mois de travail sur données électorales, en cas d'auto-édition en ligne, et 2-3 ans pour approfondir les enjeux. Bref, pas très enthousiaste. Dur de débloquer autant de temps tous les deux ans. Cela dit, nouvelles législatives anticipées, présidentielles précipitées ou démission programmée ? Outre la tambouille, si on parlait de la Nation ?

JMORELmédia2027
2 min ⋅ 14/06/2026

S’agissant des considérations tactiques de l’une ou l’autre élection et modalité d’organisation, les médias apportent des réponses convenables. Le PMU, c’est leur métier. Il faudrait faire de la politique un objet de paris sportifs. Ainsi, la Française des jeux ferait entrer de l’argent dans les caisses, et la course à l’Elysée serait ramenée à ce qu’elle est devenue : une compétition de bourrins avec œillères.

Au-delà, le problème est de savoir comment il pourrait en sortir du positif pour le pays. Certes, le maintien d'E. Macron à l'Elysée résonne comme un orchestre de casseroles, projette l'ombre d'un éléphant dans un magasin de porcelaine. Assurément, les dégâts ont été importants et tout le problème reste de les limiter. Un Premier ministre a pourtant les moyens institutionnels de lui tenir tête, s’il parvient à trouver des appuis dans l’Assemblée nationale ; cela plus encore maintenant, alors que le parti macroniste renie son fondateur.

Autrement dit, les partis n’ont pas à répondre à une convocation de l’Elysée pour décider d’un Premier ministre. Tous les recours ne sont pas épuisés. Dans la configuration politique actuelle, les chefs de groupes parlementaires peuvent encore se saisir de l’autonomie qui est désormais la leur pour imposer leur choix et inaugurer une nouvelle phase de notre pratique institutionnelle et parlementaire.

Parmi les qualités des institutions de la Ve République, la souplesse revient souvent. Or, le présidentialisme actuellement à l’œuvre est une interprétation caricaturale de la constitution qui restreint ses potentialités. Les urnes ont ouvert une nouvelle voie que nos représentants n’explorent pas ; par manque d’audace ou de lucidité, ou encore parce qu’ils sont enserrés dans de leurs stratagèmes mesquins, pris comme des insectes dans le filet de l’échec collectif, tout absorbés qu'ils sont par leur quête du succès individuel qui miroite au-delà de leur portée… Il suffit d’agiter l’habit de de Gaulle à l’horizon pour que ces nains se prennent pour des géants, et pour les noyer dans le caniveau de leur médiocrité.

Il faut d'abord se rappeler l'occasion manquée : les Premiers ministres de l'année écoulée disposaient d'une latitude qui n'a pas été exploitée face au chef de l'Etat. Engoncés dans la recherche de compromis mous sur le budget, ils n'ont pas essayé de s'ouvrir un espace politique en offrant des perspectives autres. Une ligne commune à tous ces gouvernements : brandir le bâton du budget, oublier la carotte du projet. C’est surtout vrai pour M. Barnier qui pouvait profiter d’une majorité de son parti au Sénat de manière à amorcer une réflexion institutionnelle de fond, mais tous avaient des leviers pour poser la question de la refondation de la Nation.

Le néant de l'année écoulée accroît les risques actuels et prochains du vide à la tête de l'Etat. Il peut s'imposer à nous malgré tout ; pour preuve l'actualité de ces derniers jours. Si ceux qui occupent le poste font figure de pantins, autant n'avoir personne. Il n'en reste pas moins qu'une fuite en avant  ( Cf https://blogs.mediapart.fr/jrm-morel/blog/070925/la-rentree-d-e-borne-preparer-sa-sortie-ou-leur-sortie ) en guise de remède miracle apparaît plutôt comme une solution désespérée qui préfigure le pire pour un proche avenir.

Indépendamment des politiques de refondation qui auraient pu être amorcées ( sans possibilité d'aboutir immédiatement, mais avec le mérite de bousculer les lignes et postures qui se figent dans la gestion des affaires courantes ) ; les partis croient que leurs programmes de 2022, déjà mal ciblés et minoritaires à l'époque, sont à la hauteur des défis actuels. Leur niveau de préparation apparaît très insuffisant, même s'ils considèrent pouvoir remporter l'élection faute de mieux. Cela fait longtemps désormais que les présidentielles ne se gagnent plus sur une lame de fond qui aboutit au plébiscite de l'élu, mais sur la nullité des adversaires. Le succès individuel sur l'échec collectif, c'est en partie ce dont le pays crève.

Casser l'existant soulage sur le moment, mais sans succession crédible, quelle sortie de crise par le haut ? Plus les années passent, plus l'étau se resserre. Le choix se réduit à l'alternative de la peste d'une caste dégénérée au pouvoir et du choléra de protestataires sans envergure nationale.

Enfin, mieux vaut en rire. Dans ce capharnaüm, ma proposition de discours de politique générale pour S. Lecornu est à nouveau d’actualité !


Réactions d’internautes :

Hélas ! Que de choses manquent, quand nous avons un exécutif réduit à deux personnes qui se subissent plus qu'elles ne se choisissent...

Le "pouvoir des meilleurs" ? Si seulement ils étaient bons...

JMORELmédia2027

Par Jérémy Morel

Initié à la recherche en histoire, les candidatures "atypiques" aux présidentielles m'ont révélé une société civile foisonnante, diversement couverte par la presse. Dès lors, ces élections me sont apparues comme une entrée privilégiée dans l'histoire récente de la France. Analyser les représentations sans les confronter aux réalités avérées dans les urnes devenant stérile, j'en suis venu à développer des formules et méthodes d'analyse exclusives sur les données électorales.  Ces recherches engagées au milieu des années 2 000 ont attendu juillet 2024 pour franchir une première étape éditoriale. Mon travail éclaire la société française à l'aide de sources quantitatives d’une exhaustivité exceptionnelle : près de 70 000 bureaux de vote traités, cartes et graphiques variés… D'autres travaux sur la dernière présidentielle et sur toutes celles de la Ve République sont en cours de finalisation.

Cette première expérience éditoriale m'a révélé la nécessité de m'appuyer sur un minimum de communication, indépendante de ce que pourrait fournir un éditeur. Au même moment, la dissolution a bouleversé l'agenda électoral et mon quotidien : environ 10 mois de travail dédiés au cycle électoral 2024. Mes publications vidéos et articles équivalent largement à l'écriture d'un autre ouvrage...

J'ai dégoté un enregistreur vocal et produit mes premières vidéos en juin 2024 tant j'étais outré par la stupidité de la couverture médiatique de cette "séquence" électorale. Bouteilles à la mer... Depuis, je diversifie lentement mes supports et j'apprends à maîtriser des techniques de communication fortement éloignées de ma spécialisation, pour laquelle j'ai des compétences actuellement exclusives. Sans doute les chercheurs de sciences po sauraient-ils traiter les données comme je le fais, mais ils préfèrent la solution de facilité qui consiste à passer commande de sondages ; et la politologie de devenir sondageologie...

Plusieurs polémiques culturelles m'ont également happé : revendications mémorielles au nom de lectures très personnelles et biaisées de l'histoire, volonté de débaptiser la langue française ( je ne m'en suis pas encore remis )... Il m'est apparu nécessaire d'élargir le champ de mes publications à des sujets métapolitiques.

Les derniers articles publiés

Intermède – Pourquoi défendre la langue française devient-il un engagement politique partisan ?

par Jérémy Morel   ⋅  25/10/2026 5 min

Nul ne promeut une orthographe calamiteuse ni n’encourage à la grossièreté comme norme. Défendre la langue française pourrait être consensuel en France. Ce n’est plus le cas. L’Académie, missionnée à cette fin depuis 1635, est vilipendée pour son conservatisme linguistique, soit. Un présidentiable veut débaptiser notre langue officielle ; vivats ?

Sénatoriales 2026 – Participations d’outremer. Des citoyens ordinaires aux grands électeurs : quelles cultures politiques ?

par Jérémy Morel   ⋅  18/10/2026 2 min

Votes des métropolitains et de leurs grands électeurs divergent ; soit. Il en va de même en outremer, mais les contrastes n’y apparaissent pas de même nature. Les comportements électoraux de référence, lors des présidentielles, y ouvrent des perspectives totalement différentes. Il s’ensuit de fortes originalités dans tous les scrutins.

Municipales et sénatoriales 2026 - Les sénateurs : élus des maires ou maîtres ès tambouille politique ? Que représentent-ils ?

par Jérémy Morel   ⋅  11/10/2026 5 min

Le Sénat représente les territoires comme le cimetière sa commune : une image de la Nation du temps jadis. Chambre Haute, contre-pouvoir par excellence, orfèvre de la loi… Sans doute cette assemblée a-t-elle des mérites, mais notre propos est ici de déterminer ce qu’elle représente. A cette fin, les municipales 2026 ne font qu’accroître le mystère…

Sénatoriales 2026 – Des citoyens aux grands électeurs : quelle représentation des territoires ? Premier état des lieux.

par Jérémy Morel   ⋅  04/10/2026 5 min

La procédure présidentielle est limpide : harmonisation nationale, lisibilité de l’orientation des votes… C’est le meilleur outil d’observation du corps électoral en France. Les élections sénatoriales sont les plus troubles : multiplicité des listes, enjeux et scrutins locaux… De l’une à l’autre, premier aperçu des biais de représentation.

Archive, 23 septembre 2025 - Hommage aux ouvriers trahis par une gauche affairée au sabordage de la Nation.

par Jérémy Morel   ⋅  27/09/2026 6 min

Les socialistes viennent de lancer leur primaire par un premier débat télévisuel. Les deux principales polémiques auraient porté sur la relation avec LFI et sur la politique de la France dans le conflit israélo-palestinien. Avant reprise ( prochaine ? ) des analyses de données électorales, une archive qui remet leur point de vue en perspective...

Archive, 23 fév. 2019 – Peut-on parler de « sciences » politiques ? 2/2

par Jérémy Morel   ⋅  20/09/2026 7 min

Les politologues commentent, en pourcentages d’exprimés, des hausses ou baisses des électorats qui n’existent pas dans les urnes, voire sont de tendance inverse. La dernière fois notable, ce fut le 9 juin 2024 avec les « progrès » du RN. De telles médiatisations des scores assurent un bel avenir aux « élections volées » et au discrédit républicain.

Archive, 23 fév. 2019 – Peut-on parler de « sciences » politiques ? 1/2

par Jérémy Morel   ⋅  13/09/2026 12 min

Les sondages, dont nous avons calculé les erreurs, ne sont pas le seul outil de nos élites qui pervertit la campagne médiatique. Quid des pourcentages d’exprimés ? J’ai communiqué mes premiers calculs il y a presque 10 ans. Malgré l’évidence, les politologues mesurent les électorats en adjoignant des abstentionnistes aux électeurs. Kakistocratie ?

2022-2027 : entre abstentions structurelles et conjoncturelles, quelles hausses de participation bouleverseraient-elles la hiérarchie ?

par Jérémy Morel   ⋅  06/09/2026 11 min

Avec les déçus du fillonisme, nous avons envisagé le retour aux urnes d’abstentionnistes de circonstance. Qu’en est-il de ceux de conviction, d’habitude, de dépit, de rupture… ? Cette abstention structurelle est-elle majoritaire ou minoritaire face aux conjoncturelles ? Compose-t-elle une réserve de voix importante et probante pour 2027 ?

2017-2022 : panorama et enjeux des approximations sondagières. Cas des rétrospectives de reports de voix.

par Jérémy Morel   ⋅  30/08/2026 4 min

La rentrée approche, avec sa profusion de sondages. Dans quelles conditions les estimations des rapports de forces peuvent-elles servir l’intérêt général ? La frénésie pour ces constructions médiatico-politiques est-elle contreproductive ? Comment mieux répondre au besoin d’anticiper les issues possibles du scrutin sans verser dans l'événementiel ?

2017-2027 : Et si on interrogeait le devenir des votes fillonistes à l’aide de sondages… ? Second écueil : les reconstitutions des exprimés.

par Jérémy Morel   ⋅  23/08/2026 9 min

Avec les abstentions, nous avons vu que les instituts de sondage adoptaient des paramètres aberrants pour retracer les reports de voix. Même s’il y a peu à attendre des chiffres proposés, ceux-ci aident à la compréhension de la notion de « vote utile ». Comment définir ce dernier et circonscrire ses emplois de 2017 à 2022, en vue de 2027 ?