Pour les lecteurs connaissant mal leurs départements, cette carte issue de ma
chronique électorale 2022 sera désormais ajoutée à mes chroniques.
La carte des surreprésentations locales des candidats articule deux types d’informations étroitement liées.
Les figurés ponctuels, sous forme de triangles colorés selon les sensibilités politiques des candidats, montrent leurs valeurs optimales au regard de leurs scores nationaux respectifs ; cela à partir de 125 % de ces totaux en pourcentages d’inscrits. Notre système électoral valorisant peu les options des votes blancs et nuls, ces derniers sont comptabilisés avec les abstentions dans les non exprimés.
Les figurés de surface reprennent la trame démographique des départements, inchangée. Cependant, ils apparaissent dans un camaïeu de gris allant du blanc, corrélation presque parfaite entre la série de scores locaux et celle observée dans la nation, au noir, décorrélation profonde des deux séries de données. Ce que l’on appelle depuis les années 2020 un « risque séparatiste » figure ici avec des étoiles blanches sur fond noir, selon l’intensité de la divergence ( pour le détail des seuils mathématiques, voir légende détaillée en annexe ). L’importance de la fraude électorale au début de la Ve République m’a incité à inclure les valeurs ultramarines dans mes calculs nationaux à partir de 1988, comme si la cohabitation avait permis une neutralisation des pressions politiques de l’Etat central. Or, c’est l’année où la tragédie de la grotte d’Ouvéa a percuté l’entre-deux tours des présidentielles. A elle seule, cette crise aux nombreux avatars donne la mesure des conflictualités de terrain que transcrivent succinctement ces valeurs statistiques.
Sans surprise, les candidats recevant le plus de voix apparaissent peu dans les surreprésentations locales : il est plus difficile de doubler localement son score quand il atteint 20 % des inscrits nationaux que lorsque qu’il est inférieur à 1 %. Autrement dit, ces surreprésentations servent surtout à percevoir les spécificités régionales des votes minoritaires, des signaux faibles de l’élection. Comme cela a été expliqué précédemment, loin d’être distribués aléatoirement dans le territoire, ces micro-plébiscites formes des ensembles cohérents. Ils transcrivent donc des réalités socio-culturelles tangibles : réseaux historiques de militants, meilleure représentation de leur public cible, plus forte adéquation entre leur image politique et l’identité locale…
Cette mise en perspective faite, que lit-on et déduit-on de cette carte ?
Faire Nation, ou être terroir ?
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