Kessel

2022-2027 – Régionalisation initiale des identités politiques et enjeux d’une fragmentation nationale.

La carte du jour permet une présentation assez fine des identités politiques régionales. En campagne électorale, il apparaît d’emblée que ces divergences culturelles peuvent rendre tout discours inaudible de part et d’autre de limites invisibles. Outre la communication, le risque maximal de cette fragmentation s’avère une implosion nationale.

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8 min ⋅ 05/07/2026

Pour les lecteurs connaissant mal leurs départements, cette carte issue de ma
chronique électorale 2022
sera désormais ajoutée à mes chroniques.

La carte des surreprésentations locales des candidats articule deux types d’informations étroitement liées.

Les figurés ponctuels, sous forme de triangles colorés selon les sensibilités politiques des candidats, montrent leurs valeurs optimales au regard de leurs scores nationaux respectifs ; cela à partir de 125 % de ces totaux en pourcentages d’inscrits. Notre système électoral valorisant peu les options des votes blancs et nuls, ces derniers sont comptabilisés avec les abstentions dans les non exprimés.

Les figurés de surface reprennent la trame démographique des départements, inchangée. Cependant, ils apparaissent dans un camaïeu de gris allant du blanc, corrélation presque parfaite entre la série de scores locaux et celle observée dans la nation, au noir, décorrélation profonde des deux séries de données. Ce que l’on appelle depuis les années 2020 un « risque séparatiste » figure ici avec des étoiles blanches sur fond noir, selon l’intensité de la divergence ( pour le détail des seuils mathématiques, voir légende détaillée en annexe ). L’importance de la fraude électorale au début de la Ve République m’a incité à inclure les valeurs ultramarines dans mes calculs nationaux à partir de 1988, comme si la cohabitation avait permis une neutralisation des pressions politiques de l’Etat central. Or, c’est l’année où la tragédie de la grotte d’Ouvéa a percuté l’entre-deux tours des présidentielles. A elle seule, cette crise aux nombreux avatars donne la mesure des conflictualités de terrain que transcrivent succinctement ces valeurs statistiques.

Sans surprise, les candidats recevant le plus de voix apparaissent peu dans les surreprésentations locales : il est plus difficile de doubler localement son score quand il atteint 20 % des inscrits nationaux que lorsque qu’il est inférieur à 1 %. Autrement dit, ces surreprésentations servent surtout à percevoir les spécificités régionales des votes minoritaires, des signaux faibles de l’élection. Comme cela a été expliqué précédemment, loin d’être distribués aléatoirement dans le territoire, ces micro-plébiscites formes des ensembles cohérents. Ils transcrivent donc des réalités socio-culturelles tangibles : réseaux historiques de militants, meilleure représentation de leur public cible, plus forte adéquation entre leur image politique et l’identité locale…

Cette mise en perspective faite, que lit-on et déduit-on de cette carte ?

Faire Nation, ou être terroir ?

...

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Par Jérémy Morel

Initié à la recherche en histoire, les candidatures "atypiques" aux présidentielles m'ont révélé une société civile foisonnante, diversement couverte par la presse. Dès lors, ces élections me sont apparues comme une entrée privilégiée dans l'histoire récente de la France. Analyser les représentations sans les confronter aux réalités avérées dans les urnes devenant stérile, j'en suis venu à développer des formules et méthodes d'analyse exclusives sur les données électorales.  Ces recherches engagées au milieu des années 2 000 ont attendu juillet 2024 pour franchir une première étape éditoriale. Mon travail éclaire la société française à l'aide de sources quantitatives d’une exhaustivité exceptionnelle : près de 70 000 bureaux de vote traités, cartes et graphiques variés… D'autres travaux sur la dernière présidentielle et sur toutes celles de la Ve République sont en cours de finalisation.

Cette première expérience éditoriale m'a révélé la nécessité de m'appuyer sur un minimum de communication, indépendante de ce que pourrait fournir un éditeur. Au même moment, la dissolution a bouleversé l'agenda électoral et mon quotidien : environ 10 mois de travail dédiés au cycle électoral 2024. Mes publications vidéos et articles équivalent largement à l'écriture d'un autre ouvrage...

J'ai dégoté un enregistreur vocal et produit mes premières vidéos en juin 2024 tant j'étais outré par la stupidité de la couverture médiatique de cette "séquence" électorale. Bouteilles à la mer... Depuis, je diversifie lentement mes supports et j'apprends à maîtriser des techniques de communication fortement éloignées de ma spécialisation, pour laquelle j'ai des compétences actuellement exclusives. Sans doute les chercheurs de sciences po sauraient-ils traiter les données comme je le fais, mais ils préfèrent la solution de facilité qui consiste à passer commande de sondages ; et la politologie de devenir sondageologie...

Plusieurs polémiques culturelles m'ont également happé : revendications mémorielles au nom de lectures très personnelles et biaisées de l'histoire, volonté de débaptiser la langue française ( je ne m'en suis pas encore remis )... Il m'est apparu nécessaire d'élargir le champ de mes publications à des sujets métapolitiques.

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