Kessel

Archive - Singularisations et citoyenneté – Quelle loi expression de la volonté générale ?

P. Rosanvallon a dédié des séminaires de 2017 et 2018 au collège de France aux années 1968-2018 pour en dresser « une histoire intellectuelle et politique ». L’individualisme de singularité en est la notion transversale. Entre histoire et apologétique, la dimension normative de ces individualismes est occultée. Un blanc seing pour des autocrates ?

JMORELmédia2027
10 min ⋅ 12/04/2026

Le cycle de conférences est entièrement disponible en ligne :

https://www.college-de-france.fr/fr/agenda/cours/les-annees-1968-2018-une-histoire-intellectuelle-et-politique-i

https://www.college-de-france.fr/fr/agenda/cours/les-annees-1968-2018-une-histoire-intellectuelle-et-politique-ii

Nul besoin de dire à la place de l’auteur quel est son projet. Ces conférences révèlent rapidement leurs qualités et leur limite principale. Pour les qualités, l’universitaire atteint son objectif de nourrir le débat public de nombreuses notions propices à rendre la société française mieux intelligible. La principale limite transparaît cependant très vite : les singularisations qu’il décrit sont systématiquement accolées à des termes élégiaques : « émancipation », « progressisme »…

Une seule fois au cours de ces heures d’analyse, il s’interroge sur la possibilité de faire société dans ce contexte de singularisations individualistes ; il esquisse donc un semblant de démarche critique, aussitôt évacuée. Il affirme alors, en substance et de mémoire, qu’il est en théorie possible de faire société sur ces bases, car les droits que l’on reconnaît aux autres sont garantis pour soi. Autrement dit, un jour, j’irai vivre en théorie, car en théorie, tout se passe bien.

  • Critique de la démarche et des conclusions de P. Rosanvallon s’agissant de l’individualisme de singularité :

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Par Jérémy Morel

Initié à la recherche en histoire, les candidatures "atypiques" aux présidentielles m'ont révélé une société civile foisonnante, diversement couverte par la presse. Dès lors, ces élections me sont apparues comme une entrée privilégiée dans l'histoire récente de la France. Analyser les représentations sans les confronter aux réalités avérées dans les urnes devenant stérile, j'en suis venu à développer des formules et méthodes d'analyse exclusives sur les données électorales.  Ces recherches engagées au milieu des années 2 000 ont attendu juillet 2024 pour franchir une première étape éditoriale. Mon travail éclaire la société française à l'aide de sources quantitatives d’une exhaustivité exceptionnelle : près de 70 000 bureaux de vote traités, cartes et graphiques variés… D'autres travaux sur la dernière présidentielle et sur toutes celles de la Ve République sont en cours de finalisation.

Cette première expérience éditoriale m'a révélé la nécessité de m'appuyer sur un minimum de communication, indépendante de ce que pourrait fournir un éditeur. Au même moment, la dissolution a bouleversé l'agenda électoral et mon quotidien : environ 10 mois de travail dédiés au cycle électoral 2024. Mes publications vidéos et articles équivalent largement à l'écriture d'un autre ouvrage...

J'ai dégoté un enregistreur vocal et produit mes premières vidéos en juin 2024 tant j'étais outré par la stupidité de la couverture médiatique de cette "séquence" électorale. Bouteilles à la mer... Depuis, je diversifie lentement mes supports et j'apprends à maîtriser des techniques de communication fortement éloignées de ma spécialisation, pour laquelle j'ai des compétences actuellement exclusives. Sans doute les chercheurs de sciences po sauraient-ils traiter les données comme je le fais, mais ils préfèrent la solution de facilité qui consiste à passer commande de sondages ; et la politologie de devenir sondageologie...

Plusieurs polémiques culturelles m'ont également happé : revendications mémorielles au nom de lectures très personnelles et biaisées de l'histoire, volonté de débaptiser la langue française ( je ne m'en suis pas encore remis )... Il m'est apparu nécessaire d'élargir le champ de mes publications à des sujets métapolitiques.

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