Avant tout, un problème technique a empêché l’acheminement de l’article précédent à divers destinataires, dont moi, cela sans raison apparente. Pour le trouver, il suffit de cliquer ici.
Le caractère artificiel des sondages de précampagne défraie autant la chronique que les révélations mises en scène et assénées à la population. Publicité et critique de ces outils se nourrissent mutuellement et font le miel d’experts politiques dont l’ambivalence ne manque pas de sel. Tenir une campagne à la fois au quotidien et sur la durée, cela expose au risque de brasser de l’air. Les sondages serviraient-ils à donner un peu de consistance à des commentateurs qui entretiennent la confusion entre paris sportifs et enjeux nationaux ?
Avec F. Fillon, nous avons inventorié toutes sortes d’incohérences, tout en restant dans le cadre des postulats des sondeurs sur la participation. Autrement dit, nous avons conservé leur surévaluation des mouvements entre non exprimés et exprimés de 2017 à 2022, ce qui fausse toutes les mesures consécutives. Nous allons découvrir ici les résultats d’un pareil recensement pour le trio de tête ; podium qui plus est reconduit à l’identique d’une année électorale à l’autre.
Ci-après les marges d’erreurs constatées après redressement des valeurs annoncées par l’institut de sondage au sujet des reports de 2017 à 2022, en pourcentages des exprimés pour chaque candidat, d’abord vers les pourcentages d’inscrits de 2022, ensuite vers les seuls pourcentages d’exprimés. En gris, les erreurs supérieures aux marges prévues, et dont il faut retenir qu’elles ne sont que des décalages mathématiques, sans engager encore les réalités sociales…
Cliquer ici pour une présentation complète de cette enquête signée F. DABI et J. FOURQUET : « Présidentielle 2022 – Sondage jour du vote : Profil des électeurs et clés du scrutin (1er tour ) », pour l’IFOP et FIDUCIAL, en date du 10 avril 2022. Réalisée à Paris, elle se déploie dans 92 pages, dont quelques-unes nous concernent : pages 4, 26, 28 pour les reports 2017-2022.
Mentions légales : l’enquête s’appuie sur « un échantillon de 3 784 personnes inscrites sur les listes électorales » ; lequel échantillon est extrait d’une compilation légèrement supérieure. Il se veut représentatif du corps électoral selon la méthode des quotas par sexe, âge, profession, lieu de résidence ( région et catégorie d’agglomération ). Les témoignages sont recueillis par « questionnaire auto-administré en ligne le 10 avril de 11 heures à 18 heures » ( p. 3, ci-dessus et dessous ). TF1, LCI, Paris Match et Sud Radio ont été les commanditaires.
Noter que cette première publication a été revue et corrigée dans une version moins précise qui en a ici interdit l’exploitation.
A première vue, les marges d’erreurs sont assez bien respectées, surtout avec les voix reçues en pourcentages d’exprimés. Les anomalies sont en fait concentrées sur quelques valeurs récurrentes, pour des raisons simples : d’une part l’estimation des abstentions et de leurs transferts est la racine du problème, d’autre part les opérations en pourcentages d’exprimés accentuent les précédentes approximations en redistribuant lesdites abstentions. Ces bricolages gangrènent toutes ces travaux pseudo-scientifiques.
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