2017-2022 : panorama et enjeux des approximations sondagières. Cas des rétrospectives de reports de voix.

La rentrée approche, avec sa profusion de sondages. Dans quelles conditions les estimations des rapports de forces peuvent-elles servir l’intérêt général ? La frénésie pour ces constructions médiatico-politiques est-elle contreproductive ? Comment mieux répondre au besoin d’anticiper les issues possibles du scrutin sans verser dans l'événementiel ?

JMORELmédia2027
4 min ⋅ 30/08/2026

Avant tout, un problème technique a empêché l’acheminement de l’article précédent à divers destinataires, dont moi, cela sans raison apparente. Pour le trouver, il suffit de cliquer ici.

Le caractère artificiel des sondages de précampagne défraie autant la chronique que les révélations mises en scène et assénées à la population. Publicité et critique de ces outils se nourrissent mutuellement et font le miel d’experts politiques dont l’ambivalence ne manque pas de sel. Tenir une campagne à la fois au quotidien et sur la durée, cela expose au risque de brasser de l’air. Les sondages serviraient-ils à donner un peu de consistance à des commentateurs qui entretiennent la confusion entre paris sportifs et enjeux nationaux ?

Avec F. Fillon, nous avons inventorié toutes sortes d’incohérences, tout en restant dans le cadre des postulats des sondeurs sur la participation. Autrement dit, nous avons conservé leur surévaluation des mouvements entre non exprimés et exprimés de 2017 à 2022, ce qui fausse toutes les mesures consécutives. Nous allons découvrir ici les résultats d’un pareil recensement pour le trio de tête ; podium qui plus est reconduit à l’identique d’une année électorale à l’autre.

Ci-après les marges d’erreurs constatées après redressement des valeurs annoncées par l’institut de sondage au sujet des reports de 2017 à 2022, en pourcentages des exprimés pour chaque candidat, d’abord vers les pourcentages d’inscrits de 2022, ensuite vers les seuls pourcentages d’exprimés. En gris, les erreurs supérieures aux marges prévues, et dont il faut retenir qu’elles ne sont que des décalages mathématiques, sans engager encore les réalités sociales…

Cliquer ici pour une présentation complète de cette enquête signée F. DABI et J. FOURQUET : « Présidentielle 2022 – Sondage jour du vote : Profil des électeurs et clés du scrutin (1er tour ) », pour l’IFOP et FIDUCIAL, en date du 10 avril 2022. Réalisée à Paris, elle se déploie dans 92 pages, dont quelques-unes nous concernent : pages 4, 26, 28 pour les reports 2017-2022.

Mentions légales : l’enquête s’appuie sur « un échantillon de 3 784 personnes inscrites sur les listes électorales » ; lequel échantillon est extrait d’une compilation légèrement supérieure. Il se veut représentatif du corps électoral selon la méthode des quotas par sexe, âge, profession, lieu de résidence ( région et catégorie d’agglomération ). Les témoignages sont recueillis par « questionnaire auto-administré en ligne le 10 avril de 11 heures à 18 heures » ( p. 3, ci-dessus et dessous ). TF1, LCI, Paris Match et Sud Radio ont été les commanditaires.

Noter que cette première publication a été revue et corrigée dans une version moins précise qui en a ici interdit l’exploitation.

            A première vue, les marges d’erreurs sont assez bien respectées, surtout avec les voix reçues en pourcentages d’exprimés. Les anomalies sont en fait concentrées sur quelques valeurs récurrentes, pour des raisons simples : d’une part l’estimation des abstentions et de leurs transferts est la racine du problème, d’autre part les opérations en pourcentages d’exprimés accentuent les précédentes approximations en redistribuant lesdites abstentions. Ces bricolages gangrènent toutes ces travaux pseudo-scientifiques.

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JMORELmédia2027

Par Jérémy Morel

Initié à la recherche en histoire, les candidatures "atypiques" aux présidentielles m'ont révélé une société civile foisonnante, diversement couverte par la presse. Dès lors, ces élections me sont apparues comme une entrée privilégiée dans l'histoire récente de la France. Analyser les représentations sans les confronter aux réalités avérées dans les urnes devenant stérile, j'en suis venu à développer des formules et méthodes d'analyse exclusives sur les données électorales.  Ces recherches engagées au milieu des années 2 000 ont attendu juillet 2024 pour franchir une première étape éditoriale. Mon travail éclaire la société française à l'aide de sources quantitatives d’une exhaustivité exceptionnelle : près de 70 000 bureaux de vote traités, cartes et graphiques variés… D'autres travaux sur la dernière présidentielle et sur toutes celles de la Ve République sont en cours de finalisation.

Cette première expérience éditoriale m'a révélé la nécessité de m'appuyer sur un minimum de communication, indépendante de ce que pourrait fournir un éditeur. Au même moment, la dissolution a bouleversé l'agenda électoral et mon quotidien : environ 10 mois de travail dédiés au cycle électoral 2024. Mes publications vidéos et articles équivalent largement à l'écriture d'un autre ouvrage...

J'ai dégoté un enregistreur vocal et produit mes premières vidéos en juin 2024 tant j'étais outré par la stupidité de la couverture médiatique de cette "séquence" électorale. Bouteilles à la mer... Depuis, je diversifie lentement mes supports et j'apprends à maîtriser des techniques de communication fortement éloignées de ma spécialisation, pour laquelle j'ai des compétences actuellement exclusives. Sans doute les chercheurs de sciences po sauraient-ils traiter les données comme je le fais, mais ils préfèrent la solution de facilité qui consiste à passer commande de sondages ; et la politologie de devenir sondageologie...

Plusieurs polémiques culturelles m'ont également happé : revendications mémorielles au nom de lectures très personnelles et biaisées de l'histoire, volonté de débaptiser la langue française ( je ne m'en suis pas encore remis )... Il m'est apparu nécessaire d'élargir le champ de mes publications à des sujets métapolitiques.

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