2017-2027 – Les ex-fillonistes faiseurs de rois : qu’en disent les statistiques ?

L’abstention est une clef majeure du scrutin 2027, aussi bien pour estimer les potentiels de chaque mouvance que pour se qualifier au second tour. A partir des cartes, nous avons commencé à nous interroger sur les logiques sur-abstentionnistes de 2022 par rapport à 2017 : se maintiendront-elles ? Les fillonistes déçus reviendront-ils aux urnes ?

JMORELmédia2027
6 min ⋅ 02/08/2026

Même si nous avons pu diversifier les provenances de l’abstention supplémentaire de 2022, la question des fillonistes reste en suspens. Insister de la sorte sur le devenir de ces votes, en lien ou non avec l’abstention, n’est pas un caprice ni une obsession. Comme le révèle le dernier graphique de cet article, si l’on ne retient que les départements où les gaullistes ont perdu entre cent mille et deux cent vingt mille voix, il y en a onze ; douze si on leur adjoint les Français de l’étranger, pour un total de 1 756 281 voix. Autant dire que l’incertitude électorale qui plane sur leur décision est la plus évidente ( sans être la seule ) des forces en mouvement de cette décennie politique. Retour en arrière, fuite en avant ?

Les choix de cet électorat traditionnellement participatif, acculé en 2022 soit à l’abstention, soit à des votes par défaut, peut redéfinir tout le paysage politique. A une époque où les présidentielles se gagnent de plus en plus dans un intervalle restreint, il faut envisager que les gaullistes détiennent le numéro gagnant de la vaste loterie qui s’ouvre. Nous n’en sommes pour l’instant qu’à les décompter ; il nous faudra ensuite considérer de quelle manière leurs champions honorent ou non le rendez-vous. Nous détaillons pour l’instant la demande électorale ; l’offre viendra ultérieurement.

Est-il possible de mesurer plus finement l’ampleur de ceux qui se sont retirés du processus électoral, et pourrait vraisemblablement revenir ? A cette fin, quel indicateur employer ? Nous pourrions consulter les sondages, et certains répondent à cette question, tout en soulevant d’autres problématiques. Avant d’envisager les implications de ces reports, un autre traitement des données exhaustives permet-il d’affiner les hypothèses formulées dans l’article précédent ?

Nous allons reprendre ici, en statistiques, les informations auparavant balayées par des cartes. Pour bien lire les graphiques suivants, voici un exemple simple : les totaux d’inscrits de 2017 à 2022 dans chaque département et territoire d’outremer ( + Français de l’étranger, « ZZ » ). En cas de proportionnalité parfaite entre les deux suites de nombres, la courbe suit un angle croissant à 45° ( voir illustration ci-dessous ) ; en cas de proportionnalité inversée, c’est un autre angle à 225°, soit 45° dans le sens décroissant ( 180 + 45 ). Une courbe plate indique une absence de lien mathématique entre les valeurs saisies.

Lire : les départements comptant le moins d’inscrits en 2017 restent en bas de classement en 2022, et réciproquement en haut de classement pour les plus peuplés. La démographie électorale de 2022 est donc globalement proportionnelle à celle de 2017, d’où une corrélation très forte perceptible dans le coefficient de détermination R² = 0,9974 ( maximum = 1 ). A titre indicatif, les valeurs des Français de l’étranger sont celles qui s’éloignent le plus de la courbe. Celle-ci est tracée mathématiquement au plus près de chaque point. Pour les expatriés, cet éloignement transcrit une forte hausse d’inscrits, pour partie imputable à de mauvaises révisions des listes électorales.

Cette précision méthodologique faite, nous pouvons de nouveau débuter par les évolutions des inscrits et des exprimés afin d’établir une typologie des territoires à partir de leurs données les plus fondamentales. Le graphique est annoté de manière à faire ressortir les principaux sous-ensembles régionaux.

Ce premier graphique révèle des facteurs qui aboutissent à une corrélation presque nulle entre renouvellement du corps électoral et mobilisation électorale. En abscisses, nous trouvons les variations d’inscrits, en nombre de voix, tandis que celles d’exprimés sont reportées en ordonnées. Les séries de données apparaissent presque parfaitement décorrélées, avec un coefficient de détermination R² presque égal à 0. Cependant, même en cas de décorrélation, les nuages de points peuvent prendre des formes variables. Ici, deux axes divergents se distinguent nettement et charpentent diverses situations types.

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Par Jérémy Morel

Initié à la recherche en histoire, les candidatures "atypiques" aux présidentielles m'ont révélé une société civile foisonnante, diversement couverte par la presse. Dès lors, ces élections me sont apparues comme une entrée privilégiée dans l'histoire récente de la France. Analyser les représentations sans les confronter aux réalités avérées dans les urnes devenant stérile, j'en suis venu à développer des formules et méthodes d'analyse exclusives sur les données électorales.  Ces recherches engagées au milieu des années 2 000 ont attendu juillet 2024 pour franchir une première étape éditoriale. Mon travail éclaire la société française à l'aide de sources quantitatives d’une exhaustivité exceptionnelle : près de 70 000 bureaux de vote traités, cartes et graphiques variés… D'autres travaux sur la dernière présidentielle et sur toutes celles de la Ve République sont en cours de finalisation.

Cette première expérience éditoriale m'a révélé la nécessité de m'appuyer sur un minimum de communication, indépendante de ce que pourrait fournir un éditeur. Au même moment, la dissolution a bouleversé l'agenda électoral et mon quotidien : environ 10 mois de travail dédiés au cycle électoral 2024. Mes publications vidéos et articles équivalent largement à l'écriture d'un autre ouvrage...

J'ai dégoté un enregistreur vocal et produit mes premières vidéos en juin 2024 tant j'étais outré par la stupidité de la couverture médiatique de cette "séquence" électorale. Bouteilles à la mer... Depuis, je diversifie lentement mes supports et j'apprends à maîtriser des techniques de communication fortement éloignées de ma spécialisation, pour laquelle j'ai des compétences actuellement exclusives. Sans doute les chercheurs de sciences po sauraient-ils traiter les données comme je le fais, mais ils préfèrent la solution de facilité qui consiste à passer commande de sondages ; et la politologie de devenir sondageologie...

Plusieurs polémiques culturelles m'ont également happé : revendications mémorielles au nom de lectures très personnelles et biaisées de l'histoire, volonté de débaptiser la langue française ( je ne m'en suis pas encore remis )... Il m'est apparu nécessaire d'élargir le champ de mes publications à des sujets métapolitiques.

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