Les millions d'électeurs ayant fait barrage au RN en juillet 2024 sont souvent invoqués, ainsi que leur message. S'agit-il plutôt de 2 ou 3 millions ? Ce nombre passe-t-il la dizaine de millions ? Il va de soi que sa signification peut beaucoup varier selon les masses engagées et selon les conditions d'expression de ce vote. Clarification initiale.
Cet article, introduit par les défis du gouvernement Barnier au moment de sa nomination[1], est le premier d’une série d’études quantitatives dédiées au front républicain 2024.
Pour débuter l’enquête, le front républicain a été considéré dans son acception médiatique : ensemble des votes reportés du premier au second tour sur un candidat rival de l’extrême droite, cela en contexte de désistements réciproques quasiment systématiques entre membres ( autoproclamés et plus ou moins cooptés ) de « l’arc républicain ». Le but est d’établir si cette définition a été validée ou non par l’usage. Comment cette injonction politico-médiatique a-t-elle été reçue ? Quelles réponses populaires ont-elles pris forme dans les 445 circonscriptions en ballotage ? Celles-ci représentent alors 87,82 % des inscrits du premier tour, répartis dans 61 615 bureaux de vote…
Les données communales n’ont pas été exploitées dans ce projet d’éclaircir les dynamiques de front républicain. En effet, ces listes ont pour principal intérêt d’observer les cultures politiques des unités territoriales regroupées par masses démographiques décroissantes. Dès lors qu’il est impossible de les suivre d’un tour à l’autre sans suppressions fréquentes et plus ou moins aléatoires dans chaque décile[2], leur emploi semble être peu prometteur. Bien sûr, chacun est libre de le vérifier…
En revanche, les séries par bureaux de vote sont par expérience bien indiquées pour suivre les comportements électoraux de manière fine ; expérience qui aurait trouvé ses limites dans cet examen ? Quant à l’échelle des circonscriptions, elle était incontournable pour estimer les impacts politiques du front républicain ; estimations en termes de sièges, d’équilibres partisans, de cultures régionales et de dynamiques en vue d’une prochaine dissolution. Voici en substance le programme, ou plutôt les enjeux, des prochains articles.
Quelques anomalies ont été observées entre les données par bureaux de vote et les autres séries[3], mais à tort ou à raison elles ont été considérées comme bénignes au vu du corps électoral s’élevant légèrement au-dessus des 43 millions d’inscrits. Une analyse plus pointue détecterait peut-être des situations locales faussées par ces variations d’une série à l’autre… C’est un plaisir de lire des critiques bien documentées, pointant les incohérences entre des bureaux et circonscriptions précis.
Ces précautions d’usage formulées, quels enseignements initiaux peut-on dégager des comportements électoraux face à l’appel au « front républicain » ? Quelles pistes se profilent-elles pour définir et calculer ce mouvement électoral d’une source à l’autre, d’une méthode d’observation à l’autre ?
« 2024 : un front républicain de pacotille ? »
[1] https://jmorelmedia2027.kessel.media/posts/pst_39ce28c60f9347c1b69574efd1e0585b/
[2] https://www.youtube.com/watch?v=jYUozoL75Ko&t=40s…
[3] https://www.youtube.com/watch?v=p52y0WMxZ6Y ; en fait, les différences sont dues à la liste électorale des Européens résidant en France. Celle-ci est utilisée pour les Européennes, mais ne l’est pas pour les législatives nationales.
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