Trois certitudes. Primo, des candidats se sont mutuellement désistés contre les extrêmes droites. Deuxio, les électeurs que les élites ne se sont pas aliénés ont relativement bien suivi cette logique électorale. Tertio, aucune majorité absolue n'est issue des urnes. Alors, le gouvernement Barnier, trahison du front républicain ?
Le gouvernement Barnier a été censuré le 13 décembre après trois mois d’existence. Peut-être était-il mort-né, et son enterrement n’aurait été que différé. Peut-être avait-il des perspectives qui n’ont pas été envisagées et se sont refermées sur lui. Bien entendu, on peut considérer de manière simpliste que la mission d’un Premier ministre est déterminée par le chef de l’Etat qui le nomme, auquel cas les moyens engagés pour atteindre ses objectifs seraient relativement faciles à évaluer, et par conséquent sa responsabilité dans le succès ou l’échec.
Chacun sait que la réalité d’un gouvernement minoritaire est plus compliquée. Le problème se reporte dès lors sur l’interprétation du message des urnes. Dans un pays où presque aucune personnalité médiatique ne sait lire les résultats électoraux, autant dire que nos exégètes pourraient aussi bien parler au nom des tarots ou des étoiles ( Cf https://www.youtube.com/watch?v=noTo8XgAM4A&t=8s ). Précision utile pour la suite : j’ai démontré ailleurs qu’E. Macron semble ne jamais avoir pris la mesure du mandat historique qui était le sien ; dès lors, fixer un cap pertinent pour un ministre d’un tiers parti s’annonce difficile…
La notion de crise de régime est souvent invoquée pour 2024, alors qu’elle est au principe de l’élection de 2017. En termes médicaux, la crise correspond au seuil paroxystique d’une maladie, d’où s’ensuit soit la mort, soit la guérison ( avec ou sans séquelles… ). La majorité de ceux qui emploient ce concept confondent la mort du régime avec sa crise. Effectivement, le régime n’est pas mort, c’est exact. En soi et sans s’appesantir dans de longues arguties, au vu de l’histoire quinto-républicaine, l’élection d’un inconnu à la présidence de la République est un signe suffisant de crise de régime ( Cf https://www.youtube.com/watch?v=lx0bO6KLak0&t=2s ). Paroxysme ? La suite démontre que non, mais il s’agissait a minima des premières fièvres, ensuite aggravées par de nombreuses pratiques à risque, sans réelle préoccupation pour une autre thérapeutique que le redressement du pays par l’attractivité financière… Un succès digne de Calonne, lequel a sévi durant 4 années prérévolutionnaires ; au risque d’une lecture téléologique de l’histoire…
Discerner un éventuel mandat historique du gouvernement Barnier impose de croiser ces deux notions au principe de son arrivée au pouvoir : un contexte de crise de régime et une élection marquée par un front dit républicain. Pour rappel, cette expression est ici employée dans son sens commun, tel que revendiqué par ceux qui donnent les consignes de désistement en faveur de tout parti qui n’est pas d’extrême droite. Le précédent article de cette édition a conclu sur le fait qu’en l’absence de définition constitutionnelle de la citoyenneté, ou de propositions partisanes pour une telle définition, il n’existe aucun critère fiable pour établir le républicanisme d’une mouvance politique actuelle. Seules restent leurs auto-proclamations et cooptations ( Cf https://jmorelmedia2027.kessel.media/posts/pst_38895968c67647f7b08a5edaa1599e9e ).
Qui a gagné quoi au front républicain ?
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