Kessel

Archive, 25 janvier 2025 - Législatives 2024, front républicain - Se désister pour un gouvernement républicain ?

Trois certitudes. Primo, des candidats se sont mutuellement désistés contre les extrêmes droites. Deuxio, les électeurs que les élites ne se sont pas aliénés ont relativement bien suivi cette logique électorale. Tertio, aucune majorité absolue n'est issue des urnes. Alors, le gouvernement Barnier, trahison du front républicain ?

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13 min ⋅ 17/05/2026

Le gouvernement Barnier a été censuré le 13 décembre après trois mois d’existence. Peut-être était-il mort-né, et son enterrement n’aurait été que différé. Peut-être avait-il des perspectives qui n’ont pas été envisagées et se sont refermées sur lui. Bien entendu, on peut considérer de manière simpliste que la mission d’un Premier ministre est déterminée par le chef de l’Etat qui le nomme, auquel cas les moyens engagés pour atteindre ses objectifs seraient relativement faciles à évaluer, et par conséquent sa responsabilité dans le succès ou l’échec.

Chacun sait que la réalité d’un gouvernement minoritaire est plus compliquée. Le problème se reporte dès lors sur l’interprétation du message des urnes. Dans un pays où presque aucune personnalité médiatique ne sait lire les résultats électoraux, autant dire que nos exégètes pourraient aussi bien parler au nom des tarots ou des étoiles ( Cf https://www.youtube.com/watch?v=noTo8XgAM4A&t=8s ). Précision utile pour la suite : j’ai démontré ailleurs qu’E. Macron semble ne jamais avoir pris la mesure du mandat historique qui était le sien ; dès lors, fixer un cap pertinent pour un ministre d’un tiers parti s’annonce difficile…

La notion de crise de régime est souvent invoquée pour 2024, alors qu’elle est au principe de l’élection de 2017. En termes médicaux, la crise correspond au seuil paroxystique d’une maladie, d’où s’ensuit soit la mort, soit la guérison ( avec ou sans séquelles… ). La majorité de ceux qui emploient ce concept confondent la mort du régime avec sa crise. Effectivement, le régime n’est pas mort, c’est exact. En soi et sans s’appesantir dans de longues arguties, au vu de l’histoire quinto-républicaine, l’élection d’un inconnu à la présidence de la République est un signe suffisant de crise de régime ( Cf https://www.youtube.com/watch?v=lx0bO6KLak0&t=2s ). Paroxysme ? La suite démontre que non, mais il s’agissait a minima des premières fièvres, ensuite aggravées par de nombreuses pratiques à risque, sans réelle préoccupation pour une autre thérapeutique que le redressement du pays par l’attractivité financière… Un succès digne de Calonne, lequel a sévi durant 4 années prérévolutionnaires ; au risque d’une lecture téléologique de l’histoire…

Discerner un éventuel mandat historique du gouvernement Barnier impose de croiser ces deux notions au principe de son arrivée au pouvoir : un contexte de crise de régime et une élection marquée par un front dit républicain. Pour rappel, cette expression est ici employée dans son sens commun, tel que revendiqué par ceux qui donnent les consignes de désistement en faveur de tout parti qui n’est pas d’extrême droite. Le précédent article de cette édition a conclu sur le fait qu’en l’absence de définition constitutionnelle de la citoyenneté, ou de propositions partisanes pour une telle définition, il n’existe aucun critère fiable pour établir le républicanisme d’une mouvance politique actuelle. Seules restent leurs auto-proclamations et cooptations ( Cf https://jmorelmedia2027.kessel.media/posts/pst_38895968c67647f7b08a5edaa1599e9e  ).

  • Qui a gagné quoi au front républicain ?

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Par Jérémy Morel

Initié à la recherche en histoire, les candidatures "atypiques" aux présidentielles m'ont révélé une société civile foisonnante, diversement couverte par la presse. Dès lors, ces élections me sont apparues comme une entrée privilégiée dans l'histoire récente de la France. Analyser les représentations sans les confronter aux réalités avérées dans les urnes devenant stérile, j'en suis venu à développer des formules et méthodes d'analyse exclusives sur les données électorales.  Ces recherches engagées au milieu des années 2 000 ont attendu juillet 2024 pour franchir une première étape éditoriale. Mon travail éclaire la société française à l'aide de sources quantitatives d’une exhaustivité exceptionnelle : près de 70 000 bureaux de vote traités, cartes et graphiques variés… D'autres travaux sur la dernière présidentielle et sur toutes celles de la Ve République sont en cours de finalisation.

Cette première expérience éditoriale m'a révélé la nécessité de m'appuyer sur un minimum de communication, indépendante de ce que pourrait fournir un éditeur. Au même moment, la dissolution a bouleversé l'agenda électoral et mon quotidien : environ 10 mois de travail dédiés au cycle électoral 2024. Mes publications vidéos et articles équivalent largement à l'écriture d'un autre ouvrage...

J'ai dégoté un enregistreur vocal et produit mes premières vidéos en juin 2024 tant j'étais outré par la stupidité de la couverture médiatique de cette "séquence" électorale. Bouteilles à la mer... Depuis, je diversifie lentement mes supports et j'apprends à maîtriser des techniques de communication fortement éloignées de ma spécialisation, pour laquelle j'ai des compétences actuellement exclusives. Sans doute les chercheurs de sciences po sauraient-ils traiter les données comme je le fais, mais ils préfèrent la solution de facilité qui consiste à passer commande de sondages ; et la politologie de devenir sondageologie...

Plusieurs polémiques culturelles m'ont également happé : revendications mémorielles au nom de lectures très personnelles et biaisées de l'histoire, volonté de débaptiser la langue française ( je ne m'en suis pas encore remis )... Il m'est apparu nécessaire d'élargir le champ de mes publications à des sujets métapolitiques.

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