Archive, 2 janvier 2025 - Législatives 2024, front républicain - Et Data Realis offrit ses calculs au débat...

Quand tout un chacun revendique la victoire dans une défaite collective, le Boulevard Voltaire opte pour la science fiction. Que son prestataire Data Realis ait envisagé une majorité des extrêmes droites est une chose. Ses méthodes de calcul en sont une autre. L'absence d'examen critique est significative de l'incompétence des corps intermédiaires.

JMORELmédia2027
11 min ⋅ 03/05/2026

Dans un précédent article, je relevais qu’en attribuant 276 sièges au RN, la simulation proposée par Data Realis se situait dans des valeurs crédibles, admises dans une acception maximaliste ( https://jmorelmedia2027.kessel.media/posts/pst_e3e51f7b5ea34425b8c34fe8335c7c43/archive-11-dec-2024---legislatives-2024-front-republicain---impacts-en-sieges-selon-comportements-averes ). Je négligeais alors le siège affecté aux divers d’extrême droite et ceux attribués aux alliés ciottistes. Cela rehausse cette majorité des extrêmes droites à 320 sièges gagnables « […] si l’interdiction de se désister, imaginée par le sénateur LR Le Rudulier, avait été en vigueur, en juin dernier » ( G. Pallottino, « [Notre carte interactive] Quelle assemblée sans front républicain ? », Boulevard Voltaire avec Data Realis Conseil, 10 décembre 2024, disponible en ligne : https://www.bvoltaire.fr/decouvrez-lassemblee-de-lunion-des-droites-et-des-patriotes/#).

  • Cadrage liminaire :

Pour ma part, j’ajoute aux 143 sièges indiscutablement obtenus par l’ensemble des extrêmes droites, 84 sièges directement perdus par front républicain, plus 85 théoriquement à portée ; en pratique à confirmer... Pour un total de 312 sièges contre 320, il n’y aurait pas de quoi finasser… Cependant, il faut avoir à l’esprit que mes valeurs sont produites dans une logique de probabilité plus ou moins forte.

Là encore, les faits permettent d’entrer efficacement en matière. Chacun peut admettre que les sièges les plus accessibles en 2024 aux extrêmes droites sont ceux obtenus dès 2022. L’ancrage partisan y est vraisemblablement optimal. Or, le taux de réussite des extrêmes droites se limite à environ 9 sur 10 ( https://blogs.mediapart.fr/edition/chroniques-electorales-france/article/301124/legislatives-2024-documents-principaux-video-5-front-republicain-1-2 ). Autrement dit, même là où l’élection est la plus plausible, cette probabilité ne vaut pas certitude.

Si l’on applique cette probabilité optimale aux 169 sièges litigieux, on en retranche d’emblée 17, ce qui plafonnerait « ma » majorité d’extrême droite à 295 sièges. Bien évidemment, plusieurs dizaines d’autres circonscriptions parmi les 85 les plus disputées n’avaient presque aucune chance d’être conquises par les extrêmes droites, mais ce point fera l’objet d’un autre article. En résumé, la simulation de Data Realis devient tellement outrancière qu’elle semble ouvertement partisane. Ses incohérences sont plus parlantes encore. Elles transparaissent avec les sièges que j’ai classés parmi les « garantis », même en l’absence de front républicain.

Réalisation du document, sources détaillées :

https://www.youtube.com/watch?v=u3J8bWZWiIY

Typologie détaillée : https://www.youtube.com/watch?v=rmDo8yLXQxs

  • Une fiction aussi mal assumée que mal conceptualisée :

...

JMORELmédia2027

Par Jérémy Morel

Initié à la recherche en histoire, les candidatures "atypiques" aux présidentielles m'ont révélé une société civile foisonnante, diversement couverte par la presse. Dès lors, ces élections me sont apparues comme une entrée privilégiée dans l'histoire récente de la France. Analyser les représentations sans les confronter aux réalités avérées dans les urnes devenant stérile, j'en suis venu à développer des formules et méthodes d'analyse exclusives sur les données électorales.  Ces recherches engagées au milieu des années 2 000 ont attendu juillet 2024 pour franchir une première étape éditoriale. Mon travail éclaire la société française à l'aide de sources quantitatives d’une exhaustivité exceptionnelle : près de 70 000 bureaux de vote traités, cartes et graphiques variés… D'autres travaux sur la dernière présidentielle et sur toutes celles de la Ve République sont en cours de finalisation.

Cette première expérience éditoriale m'a révélé la nécessité de m'appuyer sur un minimum de communication, indépendante de ce que pourrait fournir un éditeur. Au même moment, la dissolution a bouleversé l'agenda électoral et mon quotidien : environ 10 mois de travail dédiés au cycle électoral 2024. Mes publications vidéos et articles équivalent largement à l'écriture d'un autre ouvrage...

J'ai dégoté un enregistreur vocal et produit mes premières vidéos en juin 2024 tant j'étais outré par la stupidité de la couverture médiatique de cette "séquence" électorale. Bouteilles à la mer... Depuis, je diversifie lentement mes supports et j'apprends à maîtriser des techniques de communication fortement éloignées de ma spécialisation, pour laquelle j'ai des compétences actuellement exclusives. Sans doute les chercheurs de sciences po sauraient-ils traiter les données comme je le fais, mais ils préfèrent la solution de facilité qui consiste à passer commande de sondages ; et la politologie de devenir sondageologie...

Plusieurs polémiques culturelles m'ont également happé : revendications mémorielles au nom de lectures très personnelles et biaisées de l'histoire, volonté de débaptiser la langue française ( je ne m'en suis pas encore remis )... Il m'est apparu nécessaire d'élargir le champ de mes publications à des sujets métapolitiques.

Les derniers articles publiés

Intermède – Pourquoi défendre la langue française devient-il un engagement politique partisan ?

par Jérémy Morel   ⋅  25/10/2026 5 min

Nul ne promeut une orthographe calamiteuse ni n’encourage à la grossièreté comme norme. Défendre la langue française pourrait être consensuel en France. Ce n’est plus le cas. L’Académie, missionnée à cette fin depuis 1635, est vilipendée pour son conservatisme linguistique, soit. Un présidentiable veut débaptiser notre langue officielle ; vivats ?

Sénatoriales 2026 – Participations d’outremer. Des citoyens ordinaires aux grands électeurs : quelles cultures politiques ?

par Jérémy Morel   ⋅  18/10/2026 2 min

Votes des métropolitains et de leurs grands électeurs divergent ; soit. Il en va de même en outremer, mais les contrastes n’y apparaissent pas de même nature. Les comportements électoraux de référence, lors des présidentielles, y ouvrent des perspectives totalement différentes. Il s’ensuit de fortes originalités dans tous les scrutins.

Municipales et sénatoriales 2026 - Les sénateurs : élus des maires ou maîtres ès tambouille politique ? Que représentent-ils ?

par Jérémy Morel   ⋅  11/10/2026 5 min

Le Sénat représente les territoires comme le cimetière sa commune : une image de la Nation du temps jadis. Chambre Haute, contre-pouvoir par excellence, orfèvre de la loi… Sans doute cette assemblée a-t-elle des mérites, mais notre propos est ici de déterminer ce qu’elle représente. A cette fin, les municipales 2026 ne font qu’accroître le mystère…

Sénatoriales 2026 – Des citoyens aux grands électeurs : quelle représentation des territoires ? Premier état des lieux.

par Jérémy Morel   ⋅  04/10/2026 5 min

La procédure présidentielle est limpide : harmonisation nationale, lisibilité de l’orientation des votes… C’est le meilleur outil d’observation du corps électoral en France. Les élections sénatoriales sont les plus troubles : multiplicité des listes, enjeux et scrutins locaux… De l’une à l’autre, premier aperçu des biais de représentation.

Archive, 23 septembre 2025 - Hommage aux ouvriers trahis par une gauche affairée au sabordage de la Nation.

par Jérémy Morel   ⋅  27/09/2026 6 min

Les socialistes viennent de lancer leur primaire par un premier débat télévisuel. Les deux principales polémiques auraient porté sur la relation avec LFI et sur la politique de la France dans le conflit israélo-palestinien. Avant reprise ( prochaine ? ) des analyses de données électorales, une archive qui remet leur point de vue en perspective...

Archive, 23 fév. 2019 – Peut-on parler de « sciences » politiques ? 2/2

par Jérémy Morel   ⋅  20/09/2026 7 min

Les politologues commentent, en pourcentages d’exprimés, des hausses ou baisses des électorats qui n’existent pas dans les urnes, voire sont de tendance inverse. La dernière fois notable, ce fut le 9 juin 2024 avec les « progrès » du RN. De telles médiatisations des scores assurent un bel avenir aux « élections volées » et au discrédit républicain.

Archive, 23 fév. 2019 – Peut-on parler de « sciences » politiques ? 1/2

par Jérémy Morel   ⋅  13/09/2026 12 min

Les sondages, dont nous avons calculé les erreurs, ne sont pas le seul outil de nos élites qui pervertit la campagne médiatique. Quid des pourcentages d’exprimés ? J’ai communiqué mes premiers calculs il y a presque 10 ans. Malgré l’évidence, les politologues mesurent les électorats en adjoignant des abstentionnistes aux électeurs. Kakistocratie ?

2022-2027 : entre abstentions structurelles et conjoncturelles, quelles hausses de participation bouleverseraient-elles la hiérarchie ?

par Jérémy Morel   ⋅  06/09/2026 11 min

Avec les déçus du fillonisme, nous avons envisagé le retour aux urnes d’abstentionnistes de circonstance. Qu’en est-il de ceux de conviction, d’habitude, de dépit, de rupture… ? Cette abstention structurelle est-elle majoritaire ou minoritaire face aux conjoncturelles ? Compose-t-elle une réserve de voix importante et probante pour 2027 ?

2017-2022 : panorama et enjeux des approximations sondagières. Cas des rétrospectives de reports de voix.

par Jérémy Morel   ⋅  30/08/2026 4 min

La rentrée approche, avec sa profusion de sondages. Dans quelles conditions les estimations des rapports de forces peuvent-elles servir l’intérêt général ? La frénésie pour ces constructions médiatico-politiques est-elle contreproductive ? Comment mieux répondre au besoin d’anticiper les issues possibles du scrutin sans verser dans l'événementiel ?

2017-2027 : Et si on interrogeait le devenir des votes fillonistes à l’aide de sondages… ? Second écueil : les reconstitutions des exprimés.

par Jérémy Morel   ⋅  23/08/2026 9 min

Avec les abstentions, nous avons vu que les instituts de sondage adoptaient des paramètres aberrants pour retracer les reports de voix. Même s’il y a peu à attendre des chiffres proposés, ceux-ci aident à la compréhension de la notion de « vote utile ». Comment définir ce dernier et circonscrire ses emplois de 2017 à 2022, en vue de 2027 ?